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Hameau de Hachette au 14e  siècle

Au 14e siècle, le « Sart de Haches » faisait partie du domaine de l'abbaye de Maroilles et, pour les besoins économiques de l’époque, un petit Haches s'est développé le long du ruisseau qui descend de l’Hermitage et devint Hachette.

La maison la plus importante de Hachette était la grande ferme de l'abbaye qui gérait les productions agricoles locales : beurre, blé, avoine, navette, pois, fèves, ... On trouvait dans les prairies des chevaux sauvages et des bêtes à cornes.

Ces animaux étaient conduits en forêt le matin pour trouver leur nourriture et les gardiens les ramenaient le soir dans les prairies ou les parcs.

Suivant les besoins du Comte, un boucher venait, à la demande, et tuait les bœufs sélectionnés. Un officier du Comte venait aussi pour vendre aux enchères des poulains ou des chevaux inaptes aux services.

Les vaches bien nourries avec les bons pâturages de Hachette donnaient un excellent lait que les ouvriers de la grande ferme transformaient en beurre et en excellents fromages mous, réputés dans la région. Ces fromages mûrissaient au soleil et d’autres fermentaient dans des paniers aérés, à l'abri, pour être envoyés aux souverains au Quesnoy, à Mons ou en Hollande. Les fromages trop faits, qui n’auraient pas supporté le voyage, étaient vendus aux habitants qui s'en régalaient.

 

Les femmes d'Hachette n'étaient pas seulement occupées à faire le beurre et le fromage, elles élevaient des bêtes de basse-cour : poules, oies, ... dans des claies en osier. Elles pouvaient récupérer les volailles et les œufs plus facilement ! Elles confectionnaient également des paniers en paille tressée pour recueillir les nombreux essaims d'abeilles du bord de la forêt ; essaims qui donneront la cire, la larme de miel pour soigner les petites blessures des bêtes et l'hydromel.

Elles préparaient également des gâteaux pour la maison comtale, pour les personnages importants et pour les fêtes.

La graisse des bêtes à cornes était transformée en chandelles par la chandelière locale. Cette graisse procurait un peu de lumière lors des festivités et éloignait les loups pendant l’hiver. A cette époque de l'année, ils étaient rendus féroces par la faim et les gens d'Hachette les attiraient près de la grande ferme avec des morceaux des bêtes mortes de maladie pour les faire tomber dans des fosses-pièges.

 

A Hachette, on trouvait également des scieurs, des tourneurs, des latteurs qui créaient leurs produits et les réparaient. Ils restauraient les cuves, les saloirs, les tonnelets destinés à contenir le verjus fabriqué avec les pommes sauvages. Les tourneurs fabriquaient, avec le bois livré par le comte, des ustensiles comme des écuelles envoyées au Quesnoy.

On entretenait aussi des aires d'éperviers et autres rapaces destinés à la maison comtale du Quesnoy. On voyait des jeunes gens, aspirant à la chevalerie, grimper en haut des arbres pour dénicher les jeunes rapaces qu'un valet portait au Quesnoy.

Tout le monde était occupé suivant les obligations et les spécialités, au service de la maison comtale du Quesnoy. Sur place, il y avait le travail, la nourriture, les réjouissances religieuses et laïques.

Marc Lavie