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Visite historique de l’église Saint-Rémy |
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Grâce au registre paroissial de la commune et aux archives qu’il contient, nous poursuivons la narration de l’évolution de l’église communale, à l’occasion des travaux de rénovation intérieure qui s’y poursuivent actuellement - l'ensemble des statues ont été vernies et le chemin de croix le sera prochainement. Après sa reconstruction (voir le numéro précédent), financée pour une bonne partie par le duc d’Orléans, et qui s’étala jusqu’en 1749, voici venu le temps des aménagements progressifs. A l’époque, la construction ou la reconstruction du chœur d’une église, de même que son entretien, incombait au « collateur » c’est-à-dire à celui qui avait le droit de conférer un bénéfice ecclésiastique, en l’occurrence ici l’abbaye bénédictine Saint-André du Cateau, dont le chef était le prélat Dom Pierre Méreau, élu en 1747. Comme d’autres, il se montra parcimonieux, ce qui explique que le chœur, en forme d’hémicycle (où se situait l’autel et le sanctuaire) séparé de la nef par le chancel, était de taille modeste et de style différent du corps de l’église. De très jolis lambris (hélas détruits lors de la première guerre mondiale) réalisés par un menuisier de Preux-au-Bois, Nicolas Navé, y furent ajoutés en 1765 et un siècle plus tard, en 1866 très exactement un autre menuisier, Alphonse Trouvez, de Landrecies, fut chargé de construire des stalles en remplacement des bancs, à l’intention des chanteurs, clercs ou laïques. Dans
ce chœur se trouve toujours, au dessus du tabernacle, un très grand
tableau (1), copie assez remarquable de la descente de croix de
Rubens (l’original est exposé à la cathédrale d’Anvers), dont l’origine
mérite d’être contée, telle que la restitue le registre paroissial : Ce dernier eut l’idée de commuer le vœu et conseilla à la famille d’offrir à l’église de Fontaine une copie de la descente de croix, comme il existait quelques-unes dans la région. Le nom du peintre est resté inconnu et un ex voto en carton mentionna longtemps « don de Monsieur Constant Copy, maire. » |
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![]() Le fauteuil de célébrant, en bois exotique d’Asie, offert au début du 20ème siècle par M. Oscar Berquet, est toujours en usage dans le chœur de l’église Saint-Rémy. |
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Le registre historique de la paroisse de Fontaine-au-Bois, véritable mine d’informations sur le passé de la commune, recèle encore beaucoup de détails relatifs à l’église. Passons sur les autres tableaux (presque tous disparus), le chemin de la croix (en peinture) et les statues (en bois) qui ont été remplacés au début du 20ème siècle par des figures en plâtre peint ; les lustres, les autels latéraux et les fonts baptismaux, les confessionnaux et la chaire (qui existent toujours), pour nous arrêter un instant sur les sièges destinés aux fidèles. Il s’agissait jadis de bancs disposés le long des murs, à l’intention des hommes et qui étaient donc source de dissipation. Si bien qu’ils furent enlevés ; ne subsistèrent que les bancs alignés face au chœur dans la grande nef, de différentes formes et de différentes longueurs. Ils étaient affermés à différentes familles, qui se les passaient de père en fils. En 1752, le curé et le maire de Fontaine s’entendirent pour louer ces bancs à perpétuité, moyennant une redevance de 14 ou de 8 livres. « Résultat, nous dit la chronique, l’église s’est peu à peu vidée sous la 3ème République. Ensuite, les chaises ayant succédé aux bancs, le clerc-sacristain eut toutes les peines du monde à percevoir la modeste taxe annuelle de un franc par chaise occupée. Elles ne l’étaient vraiment que le jour des Rameaux et aux vêpres de la Toussaint. » Si bien que le système s’éteignit. Terminons ce raccourci historique avec la cloche, élément majeur et vivant d’une église. On trouve la trace d’un incident survenu le jour de la Toussaint 1891 lorsque, sonnant pour les morts, la cloche de l’église de Fontaine se détacha. Elle resta en l’état durant deux ans. Puis, la maison Charles Drouet, de Douai, établit un devis de réparation – en lui donnant un son plus grave. Le coût passa, certes, de 1200 à 1612 francs mais la commune et la fabrique trouvèrent un arrangement. Toujours est-il que le dimanche 5 novembre 1893 « Uranie-Juliette-Henriette » fut baptisée avec pour parrain M. Henri Boulogne et pour marraine madame veuve Hautecoeur. La cloche n’en avait pas fini avec les aléas de la guerre. Fondue en 1893, elle le fut de nouveau après la première guerre mondiale. En effet, les Allemands l’avaient précipitée du haut de sa tour à l’intérieur de l’église et il fallut attendre le 1er juin 1925 pour que la construction d’une énorme charpente permette d’installer une nouvelle cloche de 2500 kilos, que baptisèrent l’abbé Trognon, doyen de Landrecies et l’abbé Herlen, curé de Fontaine. « Adolphine-Archange-Joséphine-Sophie-Virginie », fut offerte par M. Oscar Berquet, conservateur des hypothèques à Saïgon à l’église de sa première communion, comme il lui avait déjà offert en 1913 un magnifique fauteuil de célébrant, d’origine chinoise, qu’on peut toujours voir à l’intérieur de notre église Saint-Rémy. Jean-Marie Leblanc
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