COULONNEUX un loisir bien de chez nous |
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Le pigeon voyageur, chez nous, était et demeure encore toute une institution ; il a d’ailleurs son monument sur une place de Lille, lui qui a bien mérité de la patrie en 1914-1918. Mais il a une autre signification chez les coulonneux qui l’élèvent pour la compétition, avec passion et tendresse. Colombier ou pigeonnier ? Les 2 termes s’emploient indifféremment. Le premier, plus ancien, dérive du latin (columba) ; le second apparaît au Moyen-Âge. Le colombier est isolé et le signe de la puissance seigneuriale, le pigeonnier souvent rattaché à d’autres bâtiments. |
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Daniel Defossez, habitant de Robersart, fait partie de ces passionnés. Il adhère à la société « Le Rapide » de Preux au Bois en 1968 et depuis 3 ans à celle deVillereau. Cela fait une quarantaine d’années qu’il pratique cette discipline ancestrale, traditionnelle et courante dans nos villages. Il possède une colonie de près de 200 « athlètes du ciel » auprès de qui il dispense les meilleurs soins, son savoir-faire et toute son attention. Il obtient de nombreux prix (cette année 3 premières places pour le championnat avesnois ) et il me précise avec fierté, au grand prix international de Barcelonne en 2009, cette 114e place sur 25750, 2e du Nord-Pas-de-Calais. Les heures d’attention aux oiseaux, les calculs de couplage et les recherches de pureté autour d’une bête aussi fragile en apparence ont de quoi intriguer le profane. Il faut avoir dans le zèle colombophile la même fougue continue, l’ambition de la gagne tout en étant soucieux du respect de la réglementation sur des oiseaux de grande valeur sentimentale autant que financière et génétique. Tout cela Daniel Defossez en fait preuve ! Reynald Gaïda |
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photos : Daniel Defossez et ses pigeons, le pigeonnier de la Colombière de Maroilles et le porche-pigeonnier de Capelle à 7 km du Quesnoy | |||
UN JOUR DE CONCOURS d’après Philippe Tabary - Vues de Vie « Le summum de la passion, muette et pourtant si ardente, de ces dresseurs un peu particuliers trouve son expression les jours de concours et dans les heures qui précèdent, de l’enlogement des volatiles à leur embarquement, à leur acheminement sur le lieu du départ, à des centaines de kilomètres de là, à leur lâcher et finalement à leur retour au colombier où les attend leur maître, impatient d’enregistrer au constateur la bague et de calculer la performance de ses champions. Peu avant l’heure où les plus véloces étaient susceptibles de se présenter au bercail, les coulonneux se postaient en observateurs, scrutant l’horizon comme pour y distinguer le vol de leurs protégés, en une muette télépathie avec l’animal. Ces journées-là étaient pour les familles et pour tout le quartier des moments de forte tension tandis que pour les éleveurs le temps fort valait amplement celui des turfistes à l’heure de la dernière ligne droite opposée. Le pigeon, c’est un peu d’eux-mêmes, rasant les nuages et déjouant les orages ; c’est aussi l’acte d’amour en retour de la bête, captive d’ordinaire, qui revient spontanément, fidèlement et le plus vite possible, vers son enclos. C’est enfin un souffle d’infini et le sentiment de dominer la nature dans un couple inexplicable autant qu’étroit entre l’homme et l’oiseau. » |