Louise Thuliez, héroïne de la "Guerre des Femmes" en compagnie d’Edith
Cavell, de Louise de Bettignies, de Léonie Van Houtte est, selon
Georges Clémenceau, qui la cita à l'Ordre des Armées, " un modèle du
plus pur patriotisme". En effet, cette femme née à Preux-au-Bois
le 12 décembre 1881, se trouvait à Saint-Waast-la-Vallée en tant
qu'institutrice lors de la déclaration de guerre en 1914.
Et c'est, dès le 23 août 1914, alors que les Anglais, les Ecossais et
les Irlandais battent en retraite après la bataille de Charleroi, que
Louise Thuliez entre en jeu.
D'abord en assurant le ravitaillement en pain pour les habitants qui
restaient au village et pour les alliés de passage et dès le 24 août
1914 pour l'ennemi qui progressait "Nach Paris", puis en organisant,
avec le prince de Croy, une filière d'évasion vers la Hollande et
l'Angleterre.
Durant le premier semestre 1915, elle fait passer la frontière à plus
de 170 militaires ou mobilisables avec l'aide de M. Herman Capiau,
ingénieur des mines, habitant Wasnes (au centre du Borinage).
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C'est
en avril 1915 qu'elle rencontre l'architecte Philippe Baucq, l'un des
propagandistes du "Mot du Soldat" (organisme de liaison entre les
soldats au front et les familles isolées en pays occupé), qui lui
permet de donner des nouvelles de leurs fils à des familles de
Maroilles, Englefontaine et d'autres villages où elle se rendait.
Le nombre d'hommes devant passer la frontière devenant de plus en plus
important, Louise Thuliez les conduit elle-même jusqu'à Bruxelles chez
Edith Cavell. Cela se révèle vite être très compliqué et dangereux car
ces hommes sont parfois imprudents, c'est donc sous les noms de guerre
de "Jeanne Martin", "Marie Mouton" ou encore "Mme Lejeune" qu'elle
voyage. C'est d'ailleurs sous ce nom qu'elle est arrêtée le 31 juillet
à Bruxelles dans l'appartement de Philippe Baucq et internée à la
prison de Saint-Gilles.
Condamnée à mort le 9 octobre ainsi que Philippe Baucq, Edith Cavell,
Louis Séverin et Louise de Bettignies, elle est graciée le 27 octobre
grâce à l'intervention du Saint Père et du roi d'Espagne Alphonse XIII.
Elle est transférée à Cambrai le 14 novembre où elle comparait devant
le Conseil de Guerre de la ville qui commue sa peine en travaux forcés
à perpétuité. Elle regagne la prison de Saint-Gilles le 6 janvier 1916
et est déportée en Allemagne le 21 janvier.
Internée à Siegburg près de Bonn, elle proteste contre la fabrication des grenades par les prisonniers.
Elle est libérée le 8 novembre 1918, arrive à Louvain deux jours plus tard et regagne Saint-Waast-la-Vallée.
Nommée
Chevalier de la Légion d'Honneur le 14 mars 1919, elle reçoit la Croix
de Guerre 1914-1918 et citée à l'Ordre de la Nation. En 1924,
elle prend la direction d'une institution de jeunes filles à Saint
Maurice et publie ses souvenirs en 1933 sous le titre "Condamnée à
mort".
En septembre 1939, elle crée les « Foyers du Soldat » et dès
1940, rejoint une nouvelle fois la résistance en faisant passer en
Afrique du Nord et en Angleterre plusieurs milliers de soldats français
et alliés. Elle ravitaille aussi en médicaments le maquis Glières et
aide les maquis du Puy de Dôme et de la Savoie.
Commandeur de la Légion d'Honneur, titulaire de la Croix du Combattant,
de l'Ordre de l'Empire Britannique et de la médaille d'or de l'American
Legion, elle préside le Kelly Memorial.
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