 |
|
Au début du 19e siècle (1838), un réseau ferroviaire s'implanta dans la région par l'intermédiaire de la Compagnie des Chemins de Fer du Nord. La ligne Paris-Bruxelles naissait.
En même temps, des industries, surtout métallurgiques, s'installaient et le train était donc bien utile pour le transport du matériel, du personnel qui avait quitté sa campagne et des produits finis. Il fallut donc créer une gare à Hachette vers 1900 pour les travailleurs locaux. La Compagnie bâtit deux maisons en briques : une à étage pour le chef de gare et une sans étage pour le garde-barrière avec, en plus , un quai pour les piétons, un quai pour le matériel, un parc de stockage pour le charbon des machines et, bien sûr, une gare pour accueillir les voyageurs. Cette gare en bois fut bientôt remplacée par un bâtiment en briques que l'on peut encore voir aujourd’hui. Une petite place face à la gare servait pour garer les rares véhicules de l'époque.
Pour les industries métallurgiques et les filatures implantées dans la région, des trains d'ouvriers furent créés : deux le matin, à 5h30 et à 6h30, et deux le soir à 17h et 18h30. Ils emmenaient les ouvriers vers les usines de Maubeuge, de Jeumont... et les ouvrières vers les filatures de la région du Cateau. Ces femmes et ces hommes venaient par leurs propres moyens de Hachette, de Sassegnies, de Maroilles, de Taisnières... et rentraient chez eux le soir après la journée de travail.
|
Le chef de gare vendait les billets et gérait le trafic des trains avec le sémaphore. Il y avait en moyenne 40 ouvriers vers Maubeuge et 15 ouvrières vers le Cateau. Tous ces voyageurs entreposaient leurs vélos et vélomoteurs dans les annexes des deux cafés face à la gare.
Arriva la guerre 1914-18 et les Allemands agrandirent les quais et en créèrent un supplémentaire vers Sassegnies pour charger le bois sorti de la forêt de Mormal.
Face aux maisons du personnel existaient deux cafés : la buvette de la gare qui débuta par un baraquement et un café-épicerie. Les ouvriers et les ouvrières, de retour du travail, pouvaient faire leurs achats avant de rejoindre, par tous les temps, leurs maisons.
Entre les guerres, c’était « calme » et la route n'était pas très fréquentée. On voyait les poules se promener devant la gare.
|
|
 |
Un peu d'amusement quand même : une ducasse était organisée une fois par an, le 4e dimanche d'août. L'après-midi, l'harmonie de Maroilles venait jouer devant la gare et, le soir, il y avait bal. Les gens d'Hachette, de Locquignol, de Sassegnies et de Maroilles venaient guincher toute la nuit. A la clarté du jour, devant le café-épicerie, on jouait aux boules et aux billons.
A l'ouverture de la pêche en rivière, des ouvriers descendaient à Hachette le samedi soir, dormaient où ils pouvaient pour être, le dimanche matin, prêts à taquiner le poisson de la Sambre.
Avec l'évolution de la société, la ligne fut électrifiée vers 1960 et les belles locomotives à vapeur n'envoyèrent plus de buée sur les visages des enfants. Ces derniers s'amusaient à rester dans cette atmosphère qui avait une « certaine odeur ». La ducasse fut transférée à l'écluse n° 2, au café des pêcheurs. Les poules ne picorèrent plus sur la route et, en 1980, la gare fut fermée. La place fut vendue à la commune de Locquignol. Le train des ouvriers passa encore jusqu'à fin juin 2005 : la dernière usagère n'y monta plus pour cause … de retraite.
Les grandes lignes continuent à passer à vive allure, le café-épicerie n'existe plus ainsi que les maisons des préposés. La page est tournée…
|