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Droit des femmes : voter ... pour être élue ! |
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Humbertine Auclert fonde en 1876 le 1er groupe de suffragettes françaises qui réclament le droit de vote pour les femmes. En juin 1917, en pleine guerre mondiale, le critique littéraire Victor Basch constate : « La femme aspire à tout ; elle veut devenir électrice, conseillère municipale, députée, ministresse, présidente de la République ». La chambre des députés se prononce en faveur des droits politiques pour les femmes en 1919, droits alors repoussés par le Sénat. En 1934, Louise Weiss fait campagne pour le droit de vote des femmes. Le Front Populaire nomme en 1936 trois femmes sous-secrétaires d’état, dont Irène Joliot-Curie. |
Dans une déclaration adressée à la Résistance, le Général de Gaulle déclare en 1942 : « Nous voulons qu’une fois l’ennemi chassé du territoire, tous les hommes et toutes les femmes de chez nous élisent l’Assemblée Nationale qui décidera des destinées du pays ». 21 avril 1944.
Le droit de vote est accordé aux femmes par le Gouvernement provisoire
du Général de Gaulle installé à Alger : « les femmes sont
électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les
hommes ». La France est un des derniers pays du monde à accorder
ce droit. |
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A Maroilles ... Lors des élections municipales du 29 avril 1945, 555 femmes se sont inscrites sur les listes électorales, représentant 54,6% des électeurs. 504 d’entre elles ont voté au moins une fois lors des deux tours : 68% voteront aux deux tours. 11,7% ne se sont pas déplacées dans les bureaux de vote. Professionnellement, les femmes déclarées « ménagères » constituent 71,3% des électrices, devant les cultivatrices (22,7%), les commerçantes et gérantes (1,3%), les employées, institutrices et femmes au foyer. |
Lors de ces élections, Maroilles élira conseillère municipale pour la 1ère fois de son histoire, une femme de la liste socialo-communiste du maire sortant Camille Marchant, Gabrielle Prévot, née Dufranne (native de Marpent). Cette ménagère de 65 ans, épouse du menuisier maroillais Emile Prévot, réside place de la mairie. Etant la plus âgée des conseillers élus, elle préside la 1ère séance du conseil municipal le 18 mai qui élira à nouveau maire socialiste Camille Marchant. Le 24 mai, à la séance suivante du conseil, elle sera nommée à la commission de la caisse des écoles et d’hygiène et deviendra membre de la commission administrative du Bureau de Bienfaisance de la commune. Nouvelles élections municipales le 19 octobre 1947, Gabrielle Prévot ne se représentera pas, et laissera sa place à la 2e conseillère municipale élue à Maroilles, Suzanne Delbruyère-Soufflet. une vidéo à voir (cliquez ici) Michelle Sarcy et Hervé Gournay |
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A Bousies ... Le 19 octobre 1947, Mme Gouzon Maria fut élue au conseil municipal. Elle était la seule sur la liste unique de l’époque, elle fut même adjointe au maire Georges Lefebvre. Sur cette liste, nous constatons qu’elle est nommée "conseillère sortante". Comment cela est
possible ? Le droit de vote des femmes date du 21 avril 1944. Elle
était membre du comité de libération présidé par M. Lefebvre. Thierry Jacquinet |
A Fontaine au Bois, l'avènement tardif des femmes à la vie municipale |
Trois femmes, trois générations, trois témoignages de l’évolution de la société rurale qui est la nôtre, en matière de représentativité féminine électorale, durant le demi-siècle séparant l’ordonnance du 5 octobre 1944 qui accorda enfin le droit de vote aux femmes (longtemps après la plupart des pays démocrates européens !) et les débats instaurant la parité dans la plupart des consultations (loi de juin 2000, modifiée 2007). Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’à Fontaine-au-Bois, il n’y a pas eu de précipitation pour profiter de ce que les soubresauts de la Libération avaient apporté, par décision du général de Gaulle.
« Ça ne venait à l’idée de personne car il y avait d’autres priorités au sortir de la guerre »,
se souvient Agnès Soufflet, particulièrement bien placée pour évoquer
le sujet, d’une part parce qu’elle est la doyenne du village (92 ans)
mais aussi parce qu’elle fut l’épouse du maire de Fontaine, Henri
Soufflet, durant ses sept mandats. « Mon mari n’était
évidemment pas contre, et moi non plus, mais l’opinion la plus
communément admise c’est que la vie publique, c’était une affaire
d’hommes. Pour les femmes, il y avait la tenue de la maison, les repas,
les enfants - avec des familles plus nombreuses qu’aujourd’hui -
pendant que les maris travaillaient à la ferme ou à l’usine. La plupart
des professions étaient très masculinisées, l’enseignement, la
médecine, la magistrature et ce n’est que lors de leur féminisation
progressive qu’il est apparu naturel que les femmes participent aussi à
la marche de la vie publique. » |
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Cette
« Sudiste » (originaire de Banyuls, dans les Pyrénées
Orientales), parfaitement intégrée chez les gens du Nord - « épatants »,
dit-elle – a vécu en osmose avec la population de son état de
« femme du maire » mais aussi d’animatrice de la vie
associative dans le sport et le troisième âge, et elle n’a jamais
manqué de faire part de ses avis. Il lui aura pourtant fallu attendre…1977, 33 ans après l’ordonnance du général de Gaulle, pour que Henri Soufflet, pour constituer sa liste des municipales, sollicite une jeune femme du village, Annick Joveniaux, pharmacienne de son état. « Je m’en souviens encore, c’était un lundi soir au téléphone et je ne pensais absolument pas m’engager dans cette voie, mais j’ai répondu oui sans hésiter. Le maire avait 62 ans et moi 26. Mes parents et moi étions implantés à Fontaine depuis quatre ans et je me suis dit qu’après tout, il n’y avait aucune raison d’avoir peur ». Elle fut d’ailleurs élue confortablement, même s’il y eut quelques réticences chez certains de ses colistiers, pas encore convertis à la modernisation de la société. Durant son mandat, Annick Joveniaux n’a manqué aucune réunion ou manifestation festive ou patriotique, mais elle ne « rempila » pas : « je n’avais pas vraiment la vocation politique mais je conserve de cette expérience un bon souvenir, celui d’avoir rendu des services et d’avoir eu de bons contacts avec les gens. » |
Annick
Joveniaux fut ainsi la première femme élue à Fontaine-au-Bois en 1977
et cette année-là fut précisément celle de… la naissance d’Hélène
Dumortier, laquelle est aujourd’hui la benjamine des adjoints du maire,
Jean-Pierre Abraham. Cinq femmes figurent d’ailleurs au conseil
municipal, soit un tiers, et cela pour la deuxième mandature
consécutive. Preuve de l’évolution des mentalités, « même si, souligne Hélène Dumortier,
c’est peut-être un peu plus difficile pour les femmes de faire bouger
les choses. Il est vrai qu’élue pour la première fois à 23 ans et demi,
j’avais la fougue de la jeunesse. » C’est par la vie associative que cette jeune élue a fait son chemin dans la gestion de la commune : le club de VTT dès l’âge de 16 ans (ses deux sœurs sont plutôt football) et cette marque familiale du service à autrui, de la disponibilité, du dynamisme. Déléguée aux Fêtes, à la Jeunesse et à la Vie Associative, Hélène Dumortier a vécu sa promotion de 2008 comme « une reconnaissance du travail accompli et une certaine fierté de bien servir mon village. J’ai le goût de la chose publique et j’aime le contact avec la population et, malgré les occupations professionnelles (dans les assurances) je garde toute ma motivation. » Et lorsqu’on lui demande ce qui fait la distinction entre un élu homme et un élu femme et ce qui peut constituer un « plus », elle relève « l’intuition, le caractère bien affirmé et ce recul et cette réflexion que n’ont pas toujours les hommes, plus précipités dans l’action. » |
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Sommes-nous d’accord, messieurs ? Ce qui est certain c’est que, la plus grande partie des professions étant largement mixtes aujourd’hui, il n’y avait plus aucune raison que les mandats électoraux ne le soient pas. Chères consœurs adjointes et conseillères municipales, sachez qu’on vous apprécie à votre juste valeur ! |
Jean-Marie Leblanc |
A Le Favril : vote des femmes et femmes élues |
Le
Favril, à l’inverse d’autres communes non moins rurales du canton, ne
s’est pas montré en avance sur son temps… faute de réelle volonté des
édiles ou des candidates potentielles ? Toujours est-il qu’il faut
attendre 1983 pour voir arriver au conseil municipal la première femme
élue de la commune : il s’agit de Marie-José Vendois,
confectionneuse de son état, avant-dernière de liste et élue de
justesse. Sa suivante et dernière de liste aura, quant à elle, été
sacrifiée au bénéfice de la tête de liste adverse. Une femme élue parmi
dix hommes, et encore timidement : n’est-ce pas révélateur d’un
certain conservatisme dans les esprits ? En 1989, à peine mieux élue, Marie-José Vendois est enfin accompagnée de la seule autre candidature féminine en la personne de Chantal Collery, mère au foyer, qui semble rallier davantage de voix : Le Favril compte désormais 2 femmes dans son conseil de 11 membres. En 1995, les mêmes sortantes sont réélues, là encore sans triomphalisme, signe que la place des femmes à la tête des affaires de la commune ne fait pas l’unanimité chez les électeurs. En 2001, pour ce qui sera le dernier mandat de René Brunelet (fils) et qui fut l’artisan de la présentation de femmes sur sa liste depuis 1983, nos 2 pionnières renoncent à se représenter. Qu’elles soient remerciées pour avoir respectivement siégé 18 et 12 ans au conseil et avoir sacrifié de leur temps et de leur énergie aux affaires de la vie publique. Une seule nouvelle candidature féminine est soumise au vote des électeurs et qui s’en sortira avec le 2ème meilleur score : il s’agit d’Arlette Burlion-Viatour, fromagère. En 2008, avec cette fois 2 listes complètes présentant chacune des femmes, 4 sur la liste de celui qui deviendra le nouveau maire, Daniel Laurent, et 3 sur la liste de Michel Lengrand. Ce seront au final 2 femmes de chaque côté qui seront élues après 2 tours, chose de surcroît jamais vue à Le Favril depuis l’après-guerre. Ainsi Arlette Burlion-Viatour, réélue et devenue 2nde adjointe au maire, Jacqueline Presse, Nathalie Monnier et Sylvie di Nunzio-Delannoy siègent désormais au conseil, apportant un regard nouveau sur la vie publique et à tout le moins, selon une croyance tenace, assurant une certaine sérénité de vue toute féminine dans les affaires soumises au débat ! Gageons que ce réel souffle nouveau annonce à l’avenir pour la commune un ré-équilibrage de la parité qui a si longtemps fait défaut… |
Frédéric Damien |
A Forest : les femmes élues au Conseil Municipal |
A Forest, comme dans beaucoup de communes rurales, le rôle des femmes dans la vie municipale a été pratiquement inexistant jusqu’en 1983. Lors des élections de 1977, deux femmes figuraient sur une liste, créant ainsi l’évènement dans la commune, mais aucune d’elles n’obtint la majorité. En mars 1983, après le retrait du maire de l’époque, M. Emile Pruvot, trois listes s’affrontèrent. Au deuxième tour de scrutin, cinq conseillers furent élus sur chacune d’elles. Treize conseillers et deux conseillères, Monique Azambre et Jeanne Pruvot , participèrent à l’élection du nouveau maire, M. Maurice Saniez. En mars 1989, deux listes étaient cette fois en compétition. Celle du maire sortant remporta les quinze sièges dès le premier tour de scrutin : Monique Azambre fut réélue et Thérèse Ledieu fit son entrée au conseil municipal. En juin 1995, une seule liste se présenta aux suffrages des électeurs. Les quinze colistiers furent élus dès le premier tour, mais le nombre de femmes élues passa de deux à quatre : Monique Azambre, Thérèse Ledieu, Jocelyne Mercier et Martine Moreau. En mars 2001, de nouveau, deux listes s’affrontèrent. La liste sortante remporta les quinze sièges dès le premier tour. Une cinquième femme fit son entrée au conseil : Marie-Louise Vincent. Les élues furent Monique Azambre, Thérèse Ledieu, Jocelyne Mercier, Martine Moreau et Marie-Louise Vincent. Enfin, en mars 2008, une seule liste se présenta et les quinze colistiers furent désignés au premier tour dont cinq femmes avec toutefois un changement, Jocelyne Mercier ne se représentant pas, laissa une place vacante. Marie-Pierre Soriaux fut élue pour la première fois. Les cinq élues furent donc Monique Azambre, Thérèse Ledieu, Martine Moreau, Marie-Louise Vincent et Marie-Pierre Soriaux.
Monique Azambre, avec cinq mandats consécutifs depuis 1983, totalise à elle seule 27 années de vie municipale. Thérèse Ledieu, avec quatre mandats, la suit d’une « longueur ».
A l’époque actuelle, à Forest comme ailleurs, la présence des femmes dans la vie municipale est une chose bien acquise. Leurs avis sont souvent modérés, remplis de bon sens et parfois déterminants. |
Maurice Saniez |
A Croix-Caluyau : les femmes élues au Conseil Municipal |
Le
29 avril 1945, l’élection du nouveau conseil municipal va permettre aux
femmes de s’exprimer pour la première fois et même de représenter la
population. |
Elisabeth Pruvot |
A Preux au Bois : les femmes élues au Conseil Municipal |
A
Preux au Bois, les femmes éprouvèrent quelques difficultés à faire
partie de Conseil Municipal, soit par désintéressement de leur part ou
par volonté machiste, on ne sait pas. |
Catherine Marsy |
A Robersart : les 1ères dames élues |
Mademoiselle Elisabeth Girard fut élue conseillère municipale en
mars 1977. Son père était Paul Girard, prédécesseur de M. Carlier. Elle
devint également maire le 1er juillet 1978 jusqu’en mars 1983 ; elle épousa Gilbert Marin en 1982. |
Reynald Gaïda |
A Locquignol : la 1e femme élue |
Depuis
longtemps l’organisation officielle du village était laissée à des conseils
d’hommes aisés. Les femmes restaient à gérer la maison et certains travaux qui
leur étaient réservés par la société et la religion : repas, couture,
broderie, certains travaux de la ferme, les enfants…
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Marc Lavie |
A Landrecies : la 1e femme élue |
A Landrecies, il semble que Mme Elise Gotte soit la 1e femme élue en 1945. |
Mario Papa |