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Histoire de la Légion d’honneur (suite) Période du 1er Empire La revue n°1 de novembre 2008 racontait l’extraordinaire vie de François Naveau, premier récipiendaire maroillais de la Légion d’honneur. L’Empire français récompensera trois autres vaillants soldats de sa majesté l’empereur Napoléon 1er. |
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DEULIN Humbert Joseph Humbert Deulin est né à Maroilles le 4 mai 1768. Ce sapeur du 6e régiment de dragons entre dans l’ordre de la Légion en date du 5 novembre 1804 avec le n°4386. Son brevet est signé de Paris le 14 brumaire an 13, avec prestation de serment le 8 frimaire an 14. Nous connaissons les motifs de sa nomination ; le 16 juin 1812, la commission de Limoges atteste que les infirmités d’Humbert proviennent bien des événements et fatigues de la guerre. Les légionnaires sous l’Empire touchent annuellement 250 francs qui garantissent à ces vieux soldats un revenu les mettant à l’abri du besoin. Le renouvellement de sa nomination en 1820 nous apprend qu’il est en retraite, et qu’à la date de son décès le 19 mai 1841, il laisse sa veuve Catherine Benoîte Pascal avec 6 enfants dont 3 mineurs. |
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DAVREUX Louis Joseph Il est né à Maroilles le 16 octobre 1778 d’Ambroise, boulanger de son état, et de Marie Célestine Druez. Ce maréchal des logis au 5e régiment d’artillerie à cheval devient chevalier de la Légion d’honneur le 29 mai 1806 sous le n°3834. En octobre 1808, il n’a toujours pas reçu sa décoration et la réclame auprès de la grande chancellerie. En novembre 1809, il lui est répondu qu’elle a été remise au maréchal duc de Dalmatie, commandant du 4e corps d’armée de la Grande Armée dont il fait partie, mais force est de constater qu’elle n’est pas arrivée. En compensation, on lui expédie un aigle d’argent. Sa carrière militaire débute dans l’armée républicaine le 9 vendémiaire an 7. Il est alors canonnier au 7e régiment d’artillerie à cheval, puis sera nommé brigadier au 5e le 26 floréal an 10. Louis Joseph Davreux finira lieutenant commandant du 1er bataillon bis du train, au 3e régiment d’artillerie le 13 mai 1813. Il a fait 10 campagnes, avec l’armée du Rhin, sur « les Côtes de l’Océan » en l’an 14, à la Grande Armée en Allemagne en 1807, en Prusse et en Pologne en 1808 et en Autriche en 1809. Il a pris part aux batailles de Meskerich, d’Ulm, d’Iéna, de Preuss-Eylau, de Friedland, à la prise de Ratisbonne et au siège de Dantzig. Un coup de feu à la jambe gauche reçu devant Frokach mettra fin à sa carrière. Encore une fois, la Légion d’honneur est attribuée afin de subvenir aux besoins d’un soldat blessé. Ce vieux bonapartiste prêtera serment au roi en 1819. Il décédera le 8 octobre 1858. |
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BARTHOMEUF Antoine Célestin Joseph Né le 15 janvier 1771 à Maroilles, il est le fils légitime d’Antoine, censier né vers 1741 à Saint Mary le Plain, dans le Cantal, et de Marie Joseph Naveau qu’il a épousée le 10 juillet 1770 à Maroilles. Son parrain est Jean-Baptiste Priez, tonnelier et frère utérin à l’enfant, sa marraine Anne-Marie Largillière, « jeune fille non libre » selon l’état civil de Maroilles. L’acte est signé par Dom Dominique Loxemand, religieux et vicaire. Antoine se mariera à Marie Henriette Joseph Cauderlier. Il est fait chevalier le 6 juillet 1811, son brevet signé du grand chancelier Lacepède, et porte le n°29322. Voici sa prestation de serment : « Je jure d’être fidèle à l’Empereur et à sa dynastie ; je promets, sur mon honneur, de me dévouer à son service, à la défense de sa personne et à la conservation du territoire de l’Empire dans son intégrité ; de n’assister à aucun conseil ou réunion contraires à la tranquillité de l’état ; de prévenir Sa Majesté, de tout ce qui se tramerait, à ma connaissance, contre son honneur, sa sûreté ou le bien de l’Empire ». Nous connaissons la motivation de la demande de Légion d’honneur, qui ne diffère pas de la précédente : « Infirmités provenant des évènements de la guerre. Ce militaire est hors d’état de continuer son service étant blessé par un coup de feu à la partie supérieure du bras gauche près son articulation avec l’omoplate avec fracture et esquilles de l’humérus ; il en est résulté atrophie de l’extrémité rigidité musculaire et privation partielle de son usage ; a reçu ce coup de feu le 11 mai 1811, lors de l’évacuation d’Almeyda en Espagne ». L’Espagne aura été pour Napoléon un « bourbier » où il a laissé beaucoup de ses valeureux soldats. Ce sergent major de la 19e compagnie du 1er régiment d’artillerie à pied était entré au service à l’âge de 23 ans, le 10 pluviôse an 2 (ou 29 janvier 1794). Il est fourrier le 26 thermidor an 10, sergent le 21 germinal an 13, sergent major le 1er août an 1808. Il participe aux batailles en l’an 2 à 9, puis en 13 et 14, enfin de 1806 à 1811. Du 10 pluviôse an 2 au 9 janvier 1812, il a combattu 17 ans 11 mois et 10 jours. Il décède le 9 avril 1839. |
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à suivre)
Hervé Gournay, Société Historique de Maroilles