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L’AVENEMENT TARDIF DES FEMMES A LA VIE MUNICIPALE |
Trois femmes, trois générations, trois témoignages de l’évolution de la société rurale qui est la nôtre, en matière de représentativité féminine électorale, durant le demi-siècle séparant l’ordonnance du 5 octobre 1944 qui accorda enfin le droit de vote aux femmes (longtemps après la plupart des pays démocrates européens !) et les débats instaurant la parité dans la plupart des consultations (loi de juin 2000, modifiée 2007). Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’à Fontaine-au-Bois, il n’y a pas eu de précipitation pour profiter de ce que les soubresauts de la Libération avaient apporté, par décision du général de Gaulle. |
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Cette « Sudiste » (originaire de Banyuls, dans les Pyrénées Orientales), parfaitement intégrée chez les gens du Nord - « épatants », dit-elle – a vécu en osmose avec la population de son état de « femme du maire » mais aussi d’animatrice de la vie associative dans le sport et le troisième âge, et elle n’a jamais manqué de faire part de ses avis. Il lui aura pourtant fallu attendre…1977, 33 ans après l’ordonnance du général de Gaulle, pour que Henri Soufflet, pour constituer sa liste des municipales, sollicite une jeune femme du village, Annick Joveniaux, pharmacienne de son état. « Je m’en souviens encore, c’était un lundi soir au téléphone et je ne pensais absolument pas m’engager dans cette voie, mais j’ai répondu oui sans hésiter. Le maire avait 62 ans et moi 26. Mes parents et moi étions implantés à Fontaine depuis quatre ans et je me suis dit qu’après tout, il n’y avait aucune raison d’avoir peur ». Elle fut d’ailleurs élue confortablement, même s’il y eut quelques réticences chez certains de ses colistiers, pas encore convertis à la modernisation de la société. Durant son mandat, Annick Joveniaux n’a manqué aucune réunion ou manifestation festive ou patriotique, mais elle ne « rempila » pas : « je n’avais pas vraiment la vocation politique mais je conserve de cette expérience un bon souvenir, celui d’avoir rendu des services et d’avoir eu de bons contacts avec les gens. » |
Annick Joveniaux fut ainsi la première femme élue à Fontaine-au-Bois en 1977 et cette année-là fut précisément celle de… la naissance d’Hélène Dumortier, laquelle est aujourd’hui la benjamine des adjoints du maire, Jean-Pierre Abraham. Cinq femmes figurent d’ailleurs au conseil municipal, soit un tiers, et cela pour la deuxième mandature consécutive. Preuve de l’évolution des mentalités, « même si, souligne Hélène Dumortier, c’est peut-être un peu plus difficile pour les femmes de faire bouger les choses. Il est vrai qu’élue pour la première fois à 23 ans et demi, j’avais la fougue de la jeunesse. » C’est par la vie associative que cette jeune élue a fait son chemin dans la gestion de la commune : le club de VTT dès l’âge de 16 ans (ses deux sœurs sont plutôt football) et cette marque familiale du service à autrui, de la disponibilité, du dynamisme. Déléguée aux Fêtes, à la Jeunesse et à la Vie Associative, Hélène Dumortier a vécu sa promotion de 2008 comme « une reconnaissance du travail accompli et une certaine fierté de bien servir mon village. J’ai le goût de la chose publique et j’aime le contact avec la population et, malgré les occupations professionnelles (dans les assurances) je garde toute ma motivation. » |
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Et lorsqu’on lui demande ce qui fait la distinction entre un élu homme et un élu femme et ce qui peut constituer un « plus », elle relève « l’intuition, le caractère bien affirmé et ce recul et cette réflexion que n’ont pas toujours les hommes, plus précipités dans l’action. » Sommes-nous d’accord, messieurs ? Ce qui est certain c’est que, la plus grande partie des professions étant largement mixtes aujourd’hui, il n’y avait plus aucune raison que les mandats électoraux ne le soient pas. Chères consœurs adjointes et conseillères municipales, sachez qu’on vous apprécie à votre juste valeur ! |
Jean-Marie Leblanc |