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350e anniversaire du Traité de Paix des Pyrénées – 7 novembre 1659
Conséquences du traité pour les communes de la 2C2M

Le Nord/Pas-de-Calais est devenu français en l’espace d’un demi-siècle, entre les traités des Pyrénées en 1659 et d’Utrecht en 1713. Province des Pays-Bas espagnols, le Hainaut sera alors scindé en deux parties, celle du sud revenant au roi de France, sa majesté très chrétienne, Louis XIV.
Période de guerres successives, avec son cortège de deuils et de misère, la paix des Pyrénées sera accueillie avec une joie mesurée dans nos contrées. Toutes les communes de l’actuelle 2C2M devaient être cédées à la France, selon les termes préalables au traité, puisque les villes fortifiées de Le Quesnoy, Landrecies et Avesnes-sur-Helpe l’étaient avec leurs prévôtés, baillages et dépendances.
Cela ne fut pas du goût des paysans hennuyers (du Hainaut), car ils redoutaient le pouvoir centralisateur du roi-soleil ainsi que sa tolérance envers la Religion Prétendue Réformée (RPR), autrement dit les protestants (l’Edit de Nantes n’étant pas encore aboli).
Le traité fut signé entre les deux royaumes sur l’île des Faisans, près de Fontarabie (ville frontalière espagnole), le 7 novembre 1659. Ses termes se révélèrent vagues et les négociations qui suivirent à partir de novembre 1660 sur les limites territoriales du nord furent conflictuelles.
Ce n’est qu’à partir de juillet 1662 que les commissaires des deux souverains se réunirent à Mons pour débattre d’une frontière qui conviendrait à chaque partie. D’abord militaire, la paix des Pyrénées s’empressa d’entériner la session des villes fortifiées déjà citées. Quant à leurs dépendances, plusieurs communes furent revendiquées par les deux royaumes.
Landrecies, Forest-en-Cambrésis, Le Favril, Fontaine-au-Bois, Bousies et Robersart devinrent français, bon gré, malgré.
Preux-au-Bois et Locquignol, situés dans la zone de la forêt de Mormal mise sous séquestre par le traité, ainsi que Croix-Caluyau et Maroilles, terres franches à l’époque médiévale, furent revendiqués sans succès par les commissaires de France et d’Espagne.
Faute de régler le conflit, l’on se reporta à l’article 110 du traité qui renvoyait la querelle à un arbitrage au niveau supérieur de la diplomatie. La guerre de Dévolution qui éclata entre les deux pays en 1665 ajournera toute solution négociée.
Le traité de Nimègue en 1668 réglera le sort des terres franches en repoussant plus au nord la frontière, mais la forêt de Mormal et ses villages resteront administrés conjointement par les deux pays jusqu’en 1675.
On imagine les difficultés à vivre au quotidien dans une région où l’on ne savait placer les limites, et où les incursions armées étaient régulières.
Seuls les fraudeurs apprécièrent la situation !

Mazzarin fut le principal artisan du Traité de paix des Pyrénées
Hervé Gournay