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Les cimetières militaires anglais, émouvante trace d’histoire

La réalisation des plans touristiques de la ville de Landrecies et de la 2C2M a permis de recenser comme lieux de passage - notamment par les visiteurs d’outre-Manche - les cimetières militaires anglais de la Première guerre mondiale. Ceux-ci sont présents sur plusieurs communes de notre territoire, notamment celles qui se situent le plus à l’ouest, au plus près du Cambrésis, de l’Artois, de l’Aisne et de la Somme, là où les combats furent les plus nombreux, les plus longs et les plus meurtriers.

C’est ainsi qu’on en trouve deux sur la commune de Fontaine-au-Bois. L’un de modeste dimension, jouxte le cimetière communal, en haut de la rue du Hainaut (1) et comprend 95 tombes. L’autre est à l’opposé du village, au croisement de la rue du Pont prolongée et de la rue de Bousies. Il est beaucoup plus étendu et comporte les 750 tombes de jeunes soldats britanniques tombés lors des combats violents  contre les Allemands, qui eurent lieu en 1918 pour la prise de contrôle de Landrecies et de la forêt de Mormal.

 

L’un de nos concitoyens de la rue de Malgarni, Jacques Dormignies, se souvient du témoignage de sa sœur Louise, née en 1912, dont les parents tenaient le café « Au Gros Chêne », situé à gauche sur notre photo, juste en face…d’un autre café, exploité par Antonia en 1918. Jacques Domignies rapporte que sa sœur lui parlait des Annamites, venus du lointain empire colonial d’Indochine pour défendre la patrie : « Ils avaient pour mission d’enterrer les soldats anglais morts au combat et portaient sur eux l’odeur des cadavres, lorsqu’ils faisaient la pause pour manger, sans avoir eu la possibilité de se laver… »

Aujourd’hui ces cimetières, comme tous ceux du Nord et du Pas de Calais (il en existe plusieurs centaines) font l’objet d’un entretien extrêmement soigné de la part de jardiniers professionnels que l’on peut voir périodiquement tailler les rosiers, tondre les pelouses, renouveler les plates bandes…

Si des hauts lieux de mémoire comme Verdun, le Chemin des Dames, Notre Dame de Lorette, Vimy, l’Historial de Péronne, perpétuent pour les nouvelles générations la mémoire de ce que fut le carnage de 14-18, il reste que ces modestes cimetières militaires anglais, parcourus silencieusement et respectueusement, peuvent aussi interpeller nos consciences, à deux pas de chez nous : il suffit de lire les dates de naissance de ces jeunes hommes venus de loin se faire tuer pour préserver notre liberté, une première fois dans ce sombre 20è siècle…

(1) A propos de la rue du Hainaut et du monument funéraire Pertrissart, restauré par la famille Ladrière-Quiévreux, que nous avons mentionnée dans notre dernier numéro, celle-ci nous prie de préciser que sa filière généalogique comprend également la famille Dormignies-Dehin.

Un nouveau chœur pour l’église

Les années et les intempéries avaient fait leur œuvre, comme partout, et le toit de l’église Saint-Rémy donnait d’inquiétants signes de fatigue, au point que l’humidité commençait en à ronger sérieusement le plafond. Si bien que le conseil municipal avait prévu au budget 2009 les premiers travaux de réparation.

Peut-être inspirés et motivés par la magnifique restauration qu’ils avaient pu voir au Favril, les employés communaux, hommes et femmes, se sont mis au travail dès le mois de février et ont donné un nouveau visage au chœur de l’église : lavage, ponçage, peinture des murs et du plafond - malgré la hauteur !- teinture des boiseries, nettoyage des cuivres…En quelques semaines, le chantier fut achevé dans l’enthousiasme, au point que l’on envisage déjà, dans la foulée, d’effectuer la même opération dans les deux ailes l’année prochaine et dans la nef centrale dans deux ans…si les moyens le permettent.

Ces travaux en régie ont aussi révélé la qualité de la grande peinture qui surplombe l’autel. Expertisée par une peintre valenciennoise, cette toile sur bois date sans doute du 17è siècle. Elle est de la même veine que les descentes au tombeau de Cambrai et de Valenciennes, peintes par Rubens à l’époque où la Contre-Réforme inspirait de nombreuses œuvres de cette nature. Elles sont d’ailleurs assez nombreuses dans les églises de la Flandre et du Hainaut, réalisées par des émules du maître.

Consulté pour avis, l’abbé Carlier de Maroilles a conseillé de tenter d’obtenir son inscription auprès des instances départementales, afin d’en effectuer les travaux de restauration qui, semble-t-il, en valent la peine.

Jean-Marie Leblanc